Pourquoi choisir le régime ayurvédique

L’alimentation est l’un des piliers de la santé selon l’Ayurveda tant sur l’aspect préventif que curatif. Les principes de la nutrition ayurvédique sont totalement différents de l’approche occidentale de la diététique qui classifie les aliments en famille de glucides, lipides, protéines… En Ayurveda, la notion de calorie n’existe pas. On adapte son régime alimentaire et le contenu de son assiette suivant son profil ayurvédique (prédominance des doshas Vata, Pitta, Kapha dans votre constitution de naissance), l’âge, la saison, l’équilibre actuel de ses doshas, son activité physique, sa force mentale et sa capacité digestive.
“Tu n’es pas ce que tu manges, tu es ce que tu digères.”
Quelle est l’approche ayurvédique de la digestion ? comment sont classifiés les aliments ? Comment adopter le régime ayurvédique ? Je t’explique tout.

SOMMAIRE

1.L’approche ayurvédique de la digestion
1.1 Comment évaluer sa capacité digestive (Agni) ?
1.2 Quels sont les facteurs déséquilibrants du feu digestif ?
1.3 Quels conseils ayurvédiques suivre pour soutenir sa digestion ?
1.4 Pourquoi observer l’évacuation des déchets ?
2. Quelle est la classification des aliments selon l’Ayurveda ?
2.1 Les 6 saveurs ayurvédiques
2.2 Les attributs des aliments
2.3 Les combinaisons incompatibles selon la nutrition ayurvédique
3. Comment le régime ayurvédique agit sur l’équilibre corps-esprit ?
3.1 L’alimentation consciente réduit la formation de toxines (ama)
3.2 Les effets des aliments sur l’esprit (Tamas, Rajas, Sattva)
3.3 Alimentation ayurvédique et respect des cycles
4. Comment adopter un régime ayurvédique ?
4.1 Quels sont les bénéfices du régime ayurvédique ?
4.2 Pourquoi se faire accompagner par un.e conseiller.ère en nutrition ayurvédique ?
4.3 Les fausses croyances sur le régime alimentaire ayurvédique

1.L’approche ayurvédique de la digestion

Selon l’Ayurveda, l’Univers, l’Homme et les aliments sont composés de 5 éléments (l’ether, l’air, le feu, l’eau, la terre). Nous naissons avec une répartition unique de ces éléments définissant notre métabolisme.

La diététique occidentale se concentre uniquement sur le contenu de votre assiette et un nombre de calories journalières sans évaluer votre capacité digestive.
La médecine ayurvédique, quant à elle, place le processus digestif et Agni (le feu digestif) au cœur de ses principes de nutrition.
Pourquoi ? Si vous composez votre assiette avec des aliments frais, de saison, une juste répartition entre les différentes familles d’aliments et de matière grasse mais que vous digérez mal, vous produirez des toxines (Ama). Ces toxines vont ensuite entraver les différents canaux du corps (les srotas), la circulation des différents fluides (lymphe, sang …), du prana (l’énergie vitale), altérer le bon fonctionnement de vos systèmes et de votre transit.
L’accumulation d’éléments pathogènes, voire de vos déchets corporels (en cas de trouble du transit) vont vicier vos organes, affecter votre immunité, votre vitalité et vos humeurs.

Chaque personne a une capacité digestive qui lui est propre et une tendance à plus ou moins bien métaboliser selon son âge, son hygiène de vie et les saisons. C’est pourquoi un.e praticien.ne commencera toujours par définir votre profil ayurvédique (prakriti) précisant votre métabolisme et vos prédispositions digestives.

1.1 Comment évaluer sa capacité digestive (Agni) ? 

On distingue 4 états du feu digestif:

▪️ le feu digestif équilibré (sama agni)
L’appétit est modéré et régulier, la digestion est efficace (3h environ). Le transit est normal, donc l’absorption/assimilation des nutriments ainsi que l’élimination des toxines sont optimales. On se sent en pleine vitalité tant côté physique que mental.

▪️ le feu digestif alternant (vishama agni)
L’appétit est très irrégulier. On observe une alternance de grande faim et de manque d’appétit. La digestion s’accompagne tantôt de ballonnement/ gaz/ constipation, tantôt de diarrhée, gêne abdominale.

☑️ Profils concernés : dosha Vata prédominant dans la constitution de naissance ou déséquilibre Vata identifié

👉🏼 Impact sur la gestion du poids : effet yoyo (vous prenez et perdez assez facilement du poids).

▪️ le feu digestif excessif (tikshna agni)
L’appétit est intense et la digestion est rapide (environ 2 h). Un métabolisme accéléré peut conduire à des déséquilibres du type remontées acides, brûlures, gastrites, ulcères, hypoglycémie, sensation de faim et/ou de soif intense …

☑️ Profils concernés : dosha Pitta prédominant dans la constitution de naissance ou déséquilibre Pitta identifié.

👉🏼 Impact sur la gestion du poids : poids stable à perte de poids excessive en cas d’ati agni (feu digestif excessif allant jusqu’à “brûler” les nutriments).

▪️ le feu digestif lent (manda agni)
L’appétit n’est pas marqué, la digestion est lente (plus de 4h) et peut se traduire par de la lourdeur au niveau de l’estomac, de la fatigue après le repas, un excès de salivation ou de mucosité dans la gorge (glaires), un état flegmatique, somnolent et des selles très collantes …

☑️ Profils concernés : dosha Kapha prédominant dans la constitution de naissance ou déséquilibre Vata/Kapha identifié.s.

👉🏼 Impact sur la gestion du poids : tendance à stocker et à la prise de poids du fait d’un métabolisme lent et de l’accumulation de toxines.

Vous l’ aurez compris, notre métabolisme nous est propre à la naissance et fluctue parmi ces 4 états selon notre alimentation, notre mode de vie, nos émotions, notre âge et les saisons.

Agni est en quelque sorte notre feu biologique, donc plus il est puissant et constant, plus notre métabolisme et notre immunité sont forts.
C’est la raison pour laquelle la médecine ayurvédique le place au cœur de ses principes de nutrition.

1.2 Quels sont les facteurs déséquilibrants du feu digestif ?

La liste est non-exhaustive mais voici quelques comportements et contextes qui perturbent notre feu digestif (Agni) :

  • le manque de sommeil, le stress, l’anxiété (aggravent le dosha Vata)
  • les émotions de tristesse (affectent le fonctionnement de l’estomac)
  • la sédentarité excessive et faire la sieste après un repas
  • l’irrégularité des heures de repas
  • consommer des aliments et des boissons froides directement sorties du frigo (le froid éteint le feu)
  • consommer trop de liquides pendant ou juste après le repas (l’excès d’eau éteint le feu et perturbe le péristaltisme)
  • manger des aliments transformés, en conserve, surgelés, industriels (prenez le temps de lire la liste des ingrédients. S’il y a trop de termes inconnus, posez-vous la question de ce que vous vous apprêtez à ingérer)
  • une mauvaise mastication (la production d’enzymes digestives commence dans votre bouche)
  • finir votre repas par un fruit (qui va fermenter et nuire à la digestion du reste du bol alimentaire)
  • l’excès de saveurs piquantes (risquant d’attiser tellement le feu que votre Agni brûlera même les nutriments dont votre corps a besoin)
  • les incompatibilités alimentaires (viruddha ānna)
  • l’excès d’aliments humidifiants (abhishyandi)
Alimentation ayurvédique les aliments humidifiants

Ce sont des facteurs aggravants quel que soit votre profil ayurvédique et votre déséquilibre.

Souvenez-vous que tout est interconnecté et que nous nourrissons notre corps autant par l’air que nous respirons, que les émotions que nous ressentons, les activités que nous pratiquons …

1.3 Quels conseils ayurvédiques suivre pour soutenir sa digestion ? 

Voici quelques conseils basiques applicables facilement au quotidien pour favoriser la digestion et l’évacuation des toxines (Ama) :

👉🏼 Boire un verre d’eau tiède au réveil 30 minutes avant de prendre votre petit-déjeuner pour favoriser le transit et l’évacuation des déchets corporels (malas)
👉🏼 Prenez le temps de bien mastiquer et insaliver vos aliments pour favoriser la 1ère étape du processus digestif. La digestion commence dans la bouche avec la mastication. 
👉🏼 La quantité de votre assiette doit tenir dans vos deux paumes de main réunies
👉🏼 Manger en conscience et laisser ¼ d’espace pour favoriser le péristaltisme
👉🏼 Boire un peu d’eau chaude avec du jus de citron avant les repas ou bien manger une rondelle de gingembre frais imbibée de jus de citron vert avec une pointe de sel (cela favorise l’assimilation des aliments)
👉🏼 Prévoir une marche digestive de 15 min
👉🏼 Boire une tisane CCF (Cumin Coriandre Fenouil) entre les repas
👉🏼 Attendre au moins 3 à 4h (la digestion complète du repas précédent) avant de manger de nouveau
👉🏼 Eviter de sauter des repas
👉🏼 Pratiquer une activité physique régulière (du cardio de préférence)
👉🏼 Consommer du buttermilk (plus d’informations sur mon compte Instagram).

Recette du buttermilk pour favoriser l'absorption intestinale

1.4 Pourquoi observer l’évacuation des déchets ?

En langue sanskrite, on appelle les déchets “malas”. Il s’agit des substances organiques produites par le corps contenant des toxines qui doivent être évacuées : les selles (purīsha), l’urine (mūtra) et la sueur (svéda).

Le corps utilise les urines pour évacuer la moitié de ses toxines : elles doivent être claires, sans mousse, ni corps flottants.
Les selles doivent être bien moulées (comme une banane) en un seul morceau, sans présence perceptible à l’œil nu d’aliments (cela serait signe de malabsorption intestinale), sans gaz, ni odeur persistante, et évacuées facilement. Un transit normal signifie au moins une évacuation de selles par jour.
La sudation, quant à elle, est importante pour réguler la température du corps, protéger la peau et évacuer les agents pathogènes (bactéries, virus, parasites). Un excès de sueur peut alerter sur un déséquilibre de Pitta (étroitement relié à Agni).

Les déchets corporels ou malas selon l'Ayurvéda

Lors d’un bilan, un.e praticien.ne vous interrogera sur l’état de vos malas par l’observation de leur couleur, l’odeur, la texture (collant, morcelé, mousseux…), la fréquence d’évacuation … Chaque observation nous donne des indications sur l’état de vos doshas (Vata, Pitta, Kapha) et d’Agni pour définir son état parmi les quatre précités.

L’Ayurveda place la digestion au cœur de ses principes de nutrition pour garantir la juste assimilation des aliments que vous ingérez. Pourquoi ? Pour garantir un apport suffisant en énergie, en chacun des 5 éléments à votre corps, comme à votre esprit puisque tout est interconnecté …

2. Quelle est la classification des aliments selon l’Ayurvéda ?

Le goût, la saveur, est notre connexion la plus spontanée et naturelle avec la nourriture. Lorsque nous sommes connectés à notre corps et donc à ses besoins, on s’oriente naturellement vers telle ou telle saveur, ou encore telle ou telle consistance.
Quels sont les 6 goûts ayurvédiques, comment qualifier leur effet sur le corps par les attributs et pourquoi éviter de combiner certains aliments entre eux ? Ces principes sont denses de prime abord, mais je ne doute pas que tu les trouveras aussi évidents que moi avec du recul …

2.1 Les 6 saveurs ayurvédiques

Chaque aliment est composé d’une combinaison des 5 éléments (espace, air, feu, eau, terre). Il peut avoir une ou plusieurs saveurs, il a un potentiel ou un effet sur le corps unique (réchauffant ou rafraîchissant) et un goût post-digestif qui peut être encore différent.
Par exemple, l’orge a un goût sucré et astringent, un potentiel rafraîchissant, un goût post-digestif piquant et les attributs lourd et sec.
Sans vous exposer un cours approfondi en nutrition, voici ce que je vous propose de retenir pour comprendre la classification ayurvédique des aliments selon les 6 saveurs.

alimentation ayurvédique le goût doux

A retenir sur la saveur douce : le goût sucré est à réduire en cas de rhume ou de trouble respiratoire puisqu’il est relié au dosha Kapha qu’il aggrave par la production de mucosités. En cas de lourdeur digestive, on préférera le consommer le midi puisque notre feu digestif est plus fort (quand le soleil est au zenith).

alimentation ayurvédique le goût amer

A retenir sur la saveur amère : consommé avec excès, le goût amer engendre des raideurs, un assèchement de la peau et des différents fluides corporels pouvant provoquer des sensations de vertiges.

alimentation ayurvédique le goût salé

A retenir sur la saveur salée : un excès de saveur salée peut conduire à de la rétention d’eau et entraver la bonne circulation au sein des différents canaux du corps (les srotas). Sans doute moins connu, sachez que la saveur salée accélère le vieillissement du corps, de la peau et peut catalyser une tendance à l’alopécie.

alimentation ayurvédique le goût acide

A retenir sur la saveur acide : le goût acide est à réduire en cas de démangeaisons, de problèmes cutanés, d’ulcères et de reflux gastriques.

alimentation ayurvédique le goût astringent

A retenir sur la saveur astringente : mal reparti dans l’assiette, le goût astringent peut engendrer des douleurs articulaires et/ou musculaires, des tremblements et de la constipation.

alimentation ayurvédique le goût piquant

A retenir sur le goût piquant :  consommé en excès, il développe l’inflammation dans le corps, affaiblit l’organisme et favorise les émotions de colère, de jalousie.

Si vous avez un doute sur la saveur d’un aliment, connectez-vous à vos sens et à votre langue. Reportez-vous à cette image pour trouver la réponse !

Les 6 saveurs ayurvédiques

2.2 Les attributs des aliments

En Ayurvéda, on utilise des “attributs” pour identifier et qualifier les 5 éléments (espace, air, feu, eau, terre), les 3 doshas (Vata, Pitta, Kapha), les 3 gunas / états de l’esprit (Sattva, Rajas, Tamas), les saisons, les plantes et les aliments. Tout est relié. Cette grille de lecture nous permet de vous conseiller la consommation de tels ou tels aliments selon votre profil doshique, votre état de santé et le moment de l’année.

  • lourd “guru” / léger “laghu”
  • froid “shita” / chaud “ushna”
  • émoussé, lent “manda” / pénétrant “tikshna”
  • stable “sthira” / mouvant “sara”
  • doux “mridu” / dur “kathina”
  • purifiant “vishada” / visqueux “picchila”
  • lisse “shlakshna” / rugueux “khara”
  • dense “sthula” / subtil “sukshma”
  • solide “sandra” / liquide “drava”

Quelques exemples seront plus parlants : la pomme de terre est lourde, le piment est pénétrant et chaud, l’artichaut est purifiant, le yaourt est visqueux …

2.3 Les combinaisons incompatibles selon la nutrition ayurvédique

Les incompatibilités alimentaires (viruddha ānna) sont deux aliments qui lorsqu’ils sont consommés au cours d’un même repas seront indigestes de par leur attributs. Par exemple, consommer du citron avec du fromage va augmenter la fermentation du bol alimentaire et rendre la digestion difficile (comme le citron fait cailler le lait).
Tous les aliments non digérés vont produire des toxines qui vont déséquilibrer vos 3 doshas et le fonctionnement des différents systèmes.

nutrition ayurvédique : les aliments incompatibles

3. Comment le régime ayurvédique agit sur l’équilibre corps-esprit ?

Selon l’approche ayurvédique, il existe plusieurs façons de nourrir son corps : par la respiration, l’alimentation, les pensées, le massage (à travers la peau).
On accorde autant d’importance à ce que l’on ingère qu’à l’état dans lequel on l’ingère.

3.1 L’alimentation consciente réduit la formation de toxines (ama)

La plupart des déséquilibres prennent racine dans la déconnexion à Soi, par manque de connaissance (ignorance), par manque d’intelligence (et de jugement) ou encore lorsque nous agissons sous l’effet d’émotions fortes telles que la colère, les pulsions d’envie, la tristesse … Lorsque nous sommes dans cet état d’esprit, nous prenons rarement de bonnes décisions car nous sommes coupés de l’écoute de notre corps.

L’Ayurveda recommande de s’alimenter assis.e, dans un espace propre, calme et surtout en pleine conscience (sans écran, ni téléphone, ni conversation intense). Cela nous permet de prendre le temps de bien mastiquer, d’avaler moins d’air, de prendre conscience des quantités ingérées, de percevoir l’état de satiété et donc de favoriser la digestion.

La digestion qui est au cœur de la nutrition ayurvédique afin de permettre une parfaite assimilation des nutriments ainsi qu’une bonne évacuation des déchets corporels.

3.2 Les effets des aliments sur l’esprit (Tamas, Rajas, Sattva)

Chaque aliment est composé d’une partie des 5 éléments (espace, air, feu, eau, terre), impacte l’équilibre de nos bio-énergies (les doshas), qui sont elles-mêmes reliées à notre esprit. Trois qualités ou attributs animent notre esprit et notre mental :

  • Tamas : état d’inertie, de procrastination, d’illusion, d’isolement, d’addiction
  • Rajas : état d’agitation, de stimulation, d’extraversion, de relation, de possessivité, d’égocentrisme
  • Sattva : état de calme, d’harmonie, de clarté, d’introspection, de reconnaissance, de détachement

Un principe ayurvédique très simple à retenir est que le semblable augmente le semblable.
Ainsi, la connaissance des éléments en présence dans les aliments nous permet de comprendre leur impact sur notre esprit.
Par exemple, si tu consommes beaucoup de café contenant les éléments feu et air (du fait de la torréfaction), tu alimentes un état d’esprit rajasique (de stimulation et d’agitation).
Si tu consommes beaucoup de junk food industrielle favorisant la production de toxines, tu aggraves ama et l’élément terre, engendrant un état d’esprit tamasique (flegmatique)…
C’est pourquoi les yogis suivent un régime alimentaire spécifiquement sattvique (riz, fruits secs, ghee, végétarien) pour soutenir un mental clair et calme.
A votre niveau, sans connaissance approfondie de la nutrition ayurvédique, il est possible d’agir sur votre esprit en apportant de la conscience à vos repas et au choix de vos aliments.

Se connecter au corps et aux signaux qu’il nous envoie est la garantie de lui apporter ce dont il a vraiment besoin. Corps et esprit ne formant qu’un, vous agirez alors sur les deux sphères.

3.3 Alimentation ayurvédique et respect des cycles

Nous évoluons tout au long de notre Vie suivant différents cycles : le cycle circadien, les saisons, les âges, le cycle digestif, menstruel …

L’Ayurvéda considère que la Nature produit ce dont nous avons besoin en temps voulu. Si les tomates poussent en été, c’est pour répondre au besoin de davantage nous hydrater, si l’on récolte la sève de bouleau au printemps, sans doute est-ce le moment opportun pour se purger …
L’environnement de vie et le climat (chaud, sec, pluvieux, venteux) influencent l’équilibre de nos doshas. Pour le préserver, l’Ayurvéda recommande l’observation des routines saisonnières (ritucharya).
L’année est divisée en 6 saisons (6 ritus) : Varsha (mousson), Sharada (automne), Hemanta (début de l’hiver), Shishira (fin de l’hiver), Vasanta (printemps) et Grishma (été).

Chaque saison a ses caractéristiques impliquant un régime alimentaire et une hygiène de vie spécifiques.

Le cycle des saisons selon l'Ayurvéda

On attend pas l’arrivée du printemps pour se détoxifier par exemple. On le fait juste avant le changement de saison pour préparer notre corps (si besoin) à la nouvelle répartition des 5 éléments. On apporte aucun changement brutal pour ne pas choquer / contrarier le métabolisme.

On adapte également son alimentation selon l’état de notre cycle digestif et de notre Agni.

Un cycle digestif lent, long et produisant de la lourdeur impliquera la prise d’épices – dipana – (apéritives) avant le repas pour stimuler la production d’enzymes digestives par exemple.
Aussi, les besoins alimentaires évoluent selon notre âge : enfant, on a besoin d’aliments contenant beaucoup d’élément terre pour construire le corps …

Pour maintenir une bonne énergie physique et un mental calme, on ajoute de la conscience à chaque repas, en choisissant des produits de saison et l’on favorise un contexte calme, sans sources de distraction excessives afin de favoriser la digestion.

4. Comment adopter un régime ayurvédique ?

Tout changement d’habitude demande un effort au mental. C’est pourquoi je recommande de se faire accompagner pour adopter les bonnes pratiques sur la durée.
Vous pouvez commencer à vous familiariser avec le régime ayurvédique en achetant des ouvrages, mais seul.e.s les praticien.ne.s sauront vous conseiller quel “régime alimentaire” suivre. Il ne suffit pas d’effectuer un test des doshas sur Internet !

4.1 Quels sont les bénéfices du régime ayurvédique ?

Avant tout, si vous suivez un traitement médical ou bien si vous souffrez d’une maladie chronique, demandez toujours conseil à votre médecin avant d’entreprendre un changement de régime alimentaire.

Le premier bénéfice du régime ayurvédique est qu’il est personnalisé selon votre métabolisme et votre état de santé physique mais aussi psycho-émotionnel. Quelle que soit votre intention (perdre du poids, réduire des inconforts digestifs, rétablir votre transit intestinal, changer votre relation à l’alimentation …), les recommandations seront 100% personnalisées et évolutives au gré des réactions de votre corps aux changements apportés.

Le régime ayurvédique est intéressant pour :

✔️ apprendre à s’alimenter dans le respect de son métabolisme
✔️ soutenir son système immunitaire
✔️ réduire les désordres digestifs tels que la malabsorption, les gazs et ballonnements, les remontées acides
✔️ réguler le transit intestinal
✔️ apaiser le mental (les intestins et le système nerveux étant reliés)
✔️ diminuer un terrain inflammatoire
✔️ soutenir les traitements contre certaines maladies de peau
✔️ se réconcilier avec l’alimentation et avec son corps
✔️ reconnaître et accepter de composer avec sa Nature.

4.2 Pourquoi se faire accompagner par un.e conseiller.ère en nutrition ayurvédique ?

La 1ère bonne raison est le besoin d’objectivité, de neutralité et de recul. Avant d’entreprendre tout changement de régime alimentaire, assurez-vous d’en avoir vraiment besoin !

Une consultation en naturopathie ayurvédique commence par un long questionnaire complété par différentes auto-observations et observations de votre praticien.ne. Une fois votre profil ayurvédique établi et vos déséquilibres constatés, on évalue, votre feu digestif, votre force physique et mentale, on prend en compte votre contexte de vie (familial, professionnel, émotionnel) pour établir un programme de rééquilibrage.
Ce programme inclut des conseils en nutrition et en hygiène de vie afin d’agir sur la sphère corps-mental-émotions.

L’évaluation de votre état émotionnel fait partie intégrante de l’accompagnement comme le veut l’approche holistique de l’Ayurvéda. Tout est interconnecté. On ne parle que de la détox du corps, mais en Ayurvéda, on détoxifie aussi l’esprit, lorsque cela est nécessaire, à l’aide de plantes et de “soins” corporels tels que les massages.

4.3 Les fausses croyances sur le régime alimentaire ayurvédique

  • Ne pas confondre cuisine indienne et alimentation ayurvédique. Les occidentaux pensent parfois qu’il s’agit d’ajouter des épices et du riz dans un plat pour le rendre ayurvédique. Les principes de la nutrition ayurvédique sont bien plus profonds et complexes.
  • Aussi, le régime ayurvédique n’est pas nécessairement végétarien et diffère du régime yogique.
  • Aucun aliment n’est banni de votre assiette dans la mesure où il est consommé à la bonne saison, au bon repas, dans le respect de votre métabolisme et sans que cela n’aggrave vos déséquilibres.
  • La fameuse monodiète au kitchari n’est pas systématique et sa recette diffère selon votre profil, vos déséquilibres et la saison. La “détox ayurvédique” ne se résume donc pas à une simple recette puisque chaque métabolisme est différent !

Il n’est pas aisé (au départ du moins), de se déconditionner de la classification occidentale (glucide, lipide, protéine) et d’écarter les calories de son assiette. Je sais de quoi je parle …
Mais l’approche ayurvédique est logique, déculpabilisante et réconciliante avec le corps, ses besoins, son écoute.

C’est pour cela que je propose les bilans en nutrition / naturopathie ayurvédique; pour vous accompagner sur le chemin de la transformation de votre relation au corps et à la santé.

NB : n’hésitez pas à réserver votre RDV Découverte offert pour en savoir plus. 

CAROLINE GAHERI – Praticienne ayurvédique

J’accompagne les femmes en manque d’énergie à retrouver vitalité, confiance et fluidité au quotidien grâce à la reconnexion par le corps.